Histoire de l'aviation

     Depuis le mythe d’Icare le rêve de voler n’a cessé d’hanter l’esprit des Hommes, et pendant longtemps, ils crurent qu’il fallait copier les êtres dotés de la faculté naturelle de voler : les oiseaux.

Ainsi dès l’antiquité, les philosophes grecs, furent les premiers à penser qu’il fallait imiter le vol d’un oiseau pour voler, mais des siècles d’études, de recherches et d'expérimentation furent nécessaires avant que l’on aboutisse à la création et au vol d’une machine.
Au XIIIème siècle, le savant anglais Roger Bacon mène des études sur les machines volantes. En s’appuyant sur le fait que l’eau puisse porter un bateau, il conclut que l’air peut porter un avion.

LEONARD DE VINCI
 
     A la fin du XVème siècle, il dessina une aile qui aurait fait rosir Batman de bonheur. La forme de la machine montre bien que le génie, grand observateur de la nature, a essayé d’imiter le vol des oiseaux. Les voiles battantes étaient actionnées par un simple pédalier. Même avec les mollets de Lance Armstrong, pareil engin n’aurait jamais pu voler. Un homme est bien trop lourd, et sa force musculaire bien trop insuffisante pour faire voler une machine aussi lourde. Léonard s’en doutait-il ? Toujours est-il que le prototype, qui ne fut jamais fabriqué, devait être utilisé au-dessus d’un lac pour des raisons de sécurité. Ce qui explique la présence d’un boudin de flottaison en dessous. Il ne fallait pas que l’homme-oiseau et sa machine coulent s’ils devaient s’écraser dans l’eau ! Les chances de réussite de Léonard étaient de toute façon réduites par les matériaux existants à son époque. La reconstitution moderne de sa machine (au musée du Clos-Lucé), en bois, en cuir , en corde et en fer pèse près de 300 kg. Par comparaison le récent Albatros de Gossamer, un avion à pédales qui a traversé la Manche en 1983, pesait moins de 90 kg. Ses ailes avaient pourtant presque 30m d’envergure.
 
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JEAN-MARIE LEBRIS
    
     Plus tard, entre 1858 et 1861, Jean-Marie Le Bris (1817-1872) est connu pour avoir probablement accompli un vol plané. Le Bris était marin, capitaine au cabotage, armateur de ses propres navires, avant de devenir l’un des premiers aviateurs français, avant Clément Ader et les frères Wright. L’envol aurait eu lieu à partir de la montagne Sainte-Anne-La-Palud, à Plonévez-Porzay, haute de 60 m, face au vent du large, s'il a réellement eu lieu (ce qui à ce jour est encore discutable). La forme de son premier planeur, dénommé barque ailée par Le Bris lui-même, muni d'ailes mobiles, serait peut-être "librement" inspirée de l'albatros qu'il aurait étudié lors de son service militaire dans le Pacifique. En réalité, cet engin ne rappelle en rien l'oiseau de mer aux ailes bien plus allongées. Cependant, grâce à ses nombreux essais ainsi qu’à ses nombreuses observations, il avait perçu les phénomènes de portance (qu'il appelait «aspiration») lors des variations d'incidence des ailes. Il déposa en 1857 un brevet d'invention suggérant le lien entre l'incidence et la portance de l'aile du planeur. Cependant, on sait aujourd'hui, de manière certaine, que l'engin des essais les plus réussis (et de l'envol s'il a bien eu lieu) était déjà une évolution de celui figurant sur le brevet, puisque celui-ci ne possède pas, entre autres, la queue mobile dont ont parlé plusieurs témoins (notamment ses neveux) et Le Bris lui-même dans le "Petit-Parisien" de 1867. On sait également qu'il serait parvenu à ce résultat grâce à de nombreux essais, tous à partir de points élevés situés autour de la baie de Douarnenez. Ces essais ont commencé en 1857 et se sont achevés en 1863. Aidé par la Marine impériale, il a ensuite construit à Brest, entre 1867 et 1868, un autre planeur, l'Albatros (ainsi dénommé dans la presse de l'époque), d'une envergure de 18 ou 15 m (sur ce point aussi les sources divergent), avec lequel il serait parvenu à rééditer l'exploit d'un envol. Cette fois encore, les essais ont eu lieu à partir d'une butte, au Polygone de tir de la Marine près de Brest. Mais une fois encore, il ne put aller au-delà. L'inspiration de l'Albatros parait cette fois plus évidente.
 
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CLÉMENT ADER 
    
     Plus tard, en 1890, Clément Ader aurait été le premier à faire décoller un engin motorisé plus lourd que l’air. Cet ingénieur français fut le précurseur de l'aviation moderne. Dès son adolescence, il essaya de fabriquer des engins capables de soulever un homme.Dans les années 1870, pendant qu’il était dans l’administration des Ponts et Chaussées, il construisit à ses frais un ballon fonctionnant sur le principe des aérostats. Lorsqu’il quitta l'administration en 1876, Clément Ader se mit à construire des engins volants à propulsion mécanique. Mais ce fut également un inventeur fécond sur d'autres sujets : les chenilles de chars, l'aéroglisseur, le moteur V8… Entre 1882 et 1889, il fabriqua un " avion " (le terme est de lui) muni d'un moteur à vapeur de 20 ch, d'une envergure de 14 m et baptisé Éole.
Le 9 octobre 1890, dans le parc du château d'Armainvilliers du banquier Pereire à Gretz (en Seine et Marne) et sur une piste longue de 200 m, Clément Ader décolla, à bord d'Éole, d'une vingtaine de centimètres et parcourut une distance de 49 mètres : ce fut le premier décollage de l'histoire de l'aviation. Ce vol n'était qu'un saut car Eole ne put jamais faire un vol soutenu et dirigé. Pour construire son Eole C. Ader s'était procuré au moins 2 roussettes des Indes vivantes (chauve-souris mégachiroptère d'environ 1,30 m d'envergure, planant plus qu'elle ne vole) qu'il avait observées dans une volière construite dans son jardin à Paris, et s'était inspiré de leurs ailes pour la conception de l'Eole. En 1892, Clément Ader signa avec le ministère de la Guerre un protocole prévoyant la construction d'un nouvel avion. Le 14 octobre 1897 au camp militaire Satory près de Versailles, c'est à bord du bimoteur Avion III ou Aquilon que le "père de l'aviation" tenta de décoller, sans succès. Devant les Généraux Mensier et Grillon, sur une piste de 450 m, l'appareil quitte le sol sur 300 m, mais déporté par une bourrasque, il retombe hors piste et se brise en partie. Après cet échec, les pouvoirs publics se désintéressèrent des projets de Clément Ader. En 1905, il vendit tout ce qu'il possèdait à Paris et se retira à Muret. Contraint au secret militaire, il ne parlera de ses vols qu'en 1906 après celui de Santos-Dumont à Bagatelle, c'est à cause de ce silence qu'est née la controverse entretenue par les partisans des frères Wright. Il mourut à 84 ans le 3 mai 1925 à Toulouse après une reconnaissance nationale tardive, seul a survécu l'avion III qui est exposé à Paris au Musée des Arts et Métiers.
 
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FRÈRES WRIGHT

    
     Les deux frères américains précurseurs de l'aviation inventèrent et firent voler le premier avion opérationnel. Les Wright admiraient les ouvrages et les exploits de l'ingénieur allemand du XIXe siècle Otto Lilienthal et de l'ingénieur américain Octave Chanute, qui faisaient des expériences avec des planeurs et sur le vol en général. En septembre 1900, sur les collines de Kill Devil, près de Kitty Hawk, en Caroline-du-Nord, ils testèrent leur premier planeur. Enregistrant avec soin leurs résultats, ils en conclurent que les données aéronautiques précédemment acceptées et sur lesquelles ils s'étaient appuyés étaient incorrectes. En 1901, les frères testèrent les effets de la pression de l'air sur plus de deux cents surfaces d'ailes. En 1902, après près de mille vols réalisés avec un nouveau planeur, ils confirmèrent les données obtenues à Kitty Hawk.

En 1903, les frères construisirent leur première hélice sur base de calculs originaux. Elle se révéla plus efficace que toutes les autres hélices disponibles à l'époque. Ensuite, ils construisirent une machine, dénommé Flyer I, pesant 337 kg avec un moteur de 12 CV dans laquelle, le 17 décembre 1903, à Kitty Hawk, Orville fit le premier vol de l'histoire en avion propulsé.

Le 5 octobre 1905, le Flyer III,  premier avion fonctionnel du monde et piloté par Wilbur, vola sur 39 km en 38 minutes. Cet aéroplane de 12 m d'envergure pouvait monter, descendre, s'incliner sur une aile, tourner et même décrire un huit avec aisance. En 1908, Wilbur Wright établit en France de nouveaux records de distance (124 km à 53 km/h) et d'altitude de vol (110 m).

Cette même année, les frères Wright remplirent un contrat avec le Corps des transmissions de l'armée des États-Unis pour la fabrication d'un avion pouvant voler pendant 10 minutes à une vitesse de 64 km/h. Ils visitèrent ensuite l'Europe, où ils reçurent de nombreuses distinctions honorifiques, puis de même à leur retour aux États-Unis en 1909. Wilbur devint président de l'American Wright Company, récemment devenue une société à responsabilité limitée. Il mourut à Dayton trois années plus tard, le 30 mai 1912, de la fièvre typhoïde.
 
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